Actualités 30/09/2026

Communiqué CGSP Poste – Thierry Tasset

Pourquoi je serai dans la rue le 9 octobre et en grève le 12 octobre
Le 9 octobre, je manifesterai à Bruxelles.
Le 12 octobre, je serai en grève avec les travailleuses et les travailleurs des services publics.

Je ne le fais ni par habitude, ni par facilité, ni par posture idéologique.

Je le fais parce qu’à un moment de l’histoire sociale d’un pays, le silence devient une forme de renoncement.

Depuis des mois, nous assistons à une remise en cause méthodique de ce qui constitue pourtant le socle du modèle social belge : le respect du travail, le pouvoir d’achat, les services publics, le droit de grève, la qualité de l’emploi et la solidarité entre citoyens.

Le gouvernement cherche aujourd’hui à faire payer aux travailleurs, aux pensionnés, aux allocataires sociaux et aux services publics le prix de ses choix budgétaires. Pourtant, les milliards qui manquent ne se trouvent pas dans les poches des factrices et des facteurs, des guichetiers, des agents administratifs, des infirmières, des cheminots, des enseignants ou des pompiers. Ils ne se trouvent pas chez celles et ceux qui se lèvent chaque matin pour faire fonctionner ce pays. Comme le rappelle la mobilisation syndicale du 9 octobre, il existe d’autres richesses à solliciter : celles des grandes fortunes, des revenus du capital, des multinationales et des bénéfices exceptionnels. 

Comme syndicaliste de la CGSP Poste, je ne peux rester indifférent face aux attaques répétées contre les travailleurs de bpost.

Nous connaissons déjà trop bien les conséquences des politiques d’austérité et de rentabilité à tout prix. Derrière les tableaux Excel et les discours technocratiques se cachent des réalités humaines : des tournées toujours plus lourdes, une pression permanente sur les effectifs, une intensification du travail, une perte de sens du service public et des collègues qui rentrent chez eux épuisés.

Le courrier n’est pas qu’un produit à distribuer. Il est un lien social.

Le facteur n’est pas un coût à réduire. Il est un acteur essentiel de la cohésion sociale.

Le service public n’est pas une dépense inutile. Il est le patrimoine collectif de celles et ceux qui n’ont souvent que lui pour garantir l’égalité de traitement.

Lorsque l’on fragilise les services publics, ce sont toujours les citoyens les plus vulnérables qui en paient le prix.

Le 9 octobre, nous manifesterons contre les nouvelles mesures d’austérité, contre les menaces qui pèsent sur l’indexation automatique des salaires, contre les hausses de TVA qui toucheraient directement le pouvoir d’achat, contre l’augmentation de la flexibilité imposée et contre la dégradation des conditions de travail. Nous dirons clairement : pas touche à notre pouvoir d’achat, pas touche à l’index, pas touche à nos droits sociaux. 

Le 12 octobre, la grève des services publics portera un message tout aussi fondamental : nous refusons le démantèlement progressif de l’emploi public, nous refusons la remise en cause du statut qui garantit l’indépendance des agents et la continuité du service aux citoyens, nous refusons les restrictions au droit de grève et les nouvelles cures d’austérité qui affaibliraient encore davantage les services rendus à la population.

Cette bataille dépasse largement le seul cadre syndical.

Elle concerne chaque famille qui voit son pouvoir d’achat reculer.

Chaque pensionné qui s’inquiète pour son avenir.

Chaque jeune qui espère trouver un emploi digne.

Chaque citoyen qui attend un service public accessible, efficace et humain.

Manifester et faire grève ne sont jamais des objectifs en soi. Ce sont des moyens démocratiques lorsque le dialogue ne suffit plus. Ce sont des actes de responsabilité collective lorsqu’il devient nécessaire de défendre des conquêtes sociales obtenues par des générations de travailleuses et de travailleurs avant nous.

Je participerai donc à ces deux journées avec conviction, détermination et fierté.

Parce que défendre les travailleurs de bpost, c’est défendre la qualité du service rendu à la population.

Parce que défendre les services publics, c’est défendre l’intérêt général.

Parce que défendre le droit de grève, c’est défendre la démocratie sociale.

Parce que lorsque l’on s’attaque à la solidarité, nous avons le devoir de nous lever ensemble.

Le 9 octobre dans les rues de Bruxelles.

Le 12 octobre en grève.

Pour nos droits, pour nos emplois, pour nos services publics, pour notre avenir.

« L’histoire sociale n’a jamais été écrite par ceux qui se résignent. Chaque avancée a été conquise par des femmes et des hommes qui ont osé se lever, s’unir et lutter. La combativité syndicale n’est pas un choix idéologique : c’est la condition indispensable du progrès social. »

Thierry Tasset

Secrétaire général

CGSP Poste